Béatrice Barras: Conversations de chantier au Viel Audon (Transitions numéro 1)

Auteur : • Publié le 21 juin 2010 à 16:58 • Catégorie : Articles de la revue "Transitions"

Gérard et Béatrice Barras ont un jour découvert, en dehors de tout chemin carrossable, un vieux village en ruine.
A l’époque, l’un est étudiant en architecture, l’autre en orthophonie. Mais, ce jour-là, entre les murs effondrés et les ronces, ils rencontrent leur destin. Le Viel Audon sera pour eux une aventure de vingt ans qui les révèlera à eux-mêmes et sera pour bien d’autres aussi l’occasion de se trouver . En filigrane du récit, on devine la maïeutique de Gérard pour qui le Viel Audon est moins un village de pierres – et pourtant, de ce point de vue, une belle réussite – qu’une construction d’humanité. D’année en année, le chantier se poursuit, comme l’Ardèche qui coule au pied de la falaise, comme une longue conversation faite d’autant de mots que de gestes, d’autant de regards que de silences.


Imaginez un hameau d’une dizaine de maisons, dans les gorges de l’Ardèche. Il est niché entre deux falaises, la rivière coule à ses pieds. Ce village était en ruines, déserté depuis une centaine d’années par ses habitants qui ont émigré pour construire des habitations plus grandes et des magnaneries, accessibles en charrette puis en voiture.

Car pour arriver au Viel Audon il faut emprunter un sentier muletier… C’est-à-dire un chemin escarpé qui descend de la falaise, de la largeur d’un âne avec son bât. Il ne restait pas grand-chose de ce hameau, des pans de murs écroulés, des caves voûtées, une croix….

Malgré l’absence d’accès carrossable, les maisons se reconstruisent et l’on s’étonnera de ne pas y trouver l’un ou l’autre des propriétaires, fana des vieilles pierres bâtissant là un refuge loin de la « civilisation ». Ici plus de quatre vingt jeunes s’affairent : un groupe fait une gâchée à la pelle, un autre taille les pierres pour construire une voûte, un autre groupe remonte un mur en pierres sèches, un autre déblaye à la pioche et à la pelle un remblai pour dégager des fondations. Une délicieuse odeur de pain chaud embaume le village. C’est le jour de la fournée. Une bande arrive en file indienne, hilare, en sueur et en chantant : des filles, des garçons, chargés de sacs de ciment (25kg) sur les épaules, d’autres affublés de cagettes remplies de vivres sur la tête…

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ThierryGr

est cofondateur et président de l'association "The Co-Evolution Project".
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