Les monnaies complémentaires (Christophe Place, mercredi 23 juin 2010)

Auteur : • Publié le 25 juin 2010 à 17:42 • Catégorie : A la une, Rencontres

Après Gilles Vanderpooten qui, en avril, nous avait parlé de son « Tour de France du développement durable », c’est un autre représentant de la « Génération Y », Christophe Place, qui est venu nous parler d’un sujet qui lui est devenu cher : celui des monnaies complémentaires. Christophe, retour d’une expédition en Amérique latine, nous a présenté quelques-unes des expériences qu’il a pu y étudier.
La matière apportée par Christophe a entraîné des échanges très riches, notamment autour de la fonction principale de ces monnaies complémentaires. Il est très vite apparu qu’elles ne sont pas seulement une réponse technique à une situation de crise ou à des menaces économiques et écologiques. Elles peuvent être aussi porteuses d’un projet politique quand, par exemple, s’échangent à valeur égale des heures de travail, qu’elles soient de ménage, d’enseignement ou de cuisine. Elles manifestent la volonté de redonner consistance à l’économie relationnelle chère à Maurice Obadia, face à une économie matérielle qui se présente comme unique. Elles expriment un besoin profond de se réapproprier un destin collectif lié à un territoire vivant, à l’encontre de la dilution que favorisent les courants de la mondialisation. Elles permettent de redonner de la vigueur à des identités locales menacées de la même dilution. Enfin – mais ce n’est pas pour clore le débat – elles rouvrent des territoires à la créativité individuelle et collective et à la joie d’entreprendre.

Marginales et éphémères ces expériences ?
Cette question peut appeler des réponses d’au moins trois niveaux. On peut dire que le WIR, en Suisse, existe et prospère depuis 1934, soit près de quatre-vingts ans. Créé par des chefs d’entreprise confrontés à la Dépression, le WIR est aujourd’hui utilisé par 60 000 entreprises et constitue une voie à étudier si l’on veut protéger l’économie réelle des ressacs des tempêtes financières. On peut aussi considérer que ce n’est pas parce qu’une vie a un terme qu’elle est sans valeur : même si certaines de ces expériences n’atteignent pas à la pérennité, durant un laps de temps elles auront apporté quelque chose à leurs acteurs et à leurs bénéficiaires. Une troisième réponse, c’est que tout cela manifeste une efflorescence de créativité sociale et est le signe d’une métamorphose à l’œuvre derrière l’apparence d’un statu quo.
Merci d’enrichir ce bref compte-rendu en lui ajoutant vos commentaires et en partageant votre bibliographie, vos sites de référence et vos expériences.

Télécharger le fichier de présentation (Document Pdf, 1,45 Mo)

Tagué dans:

ThierryGr

est cofondateur et président de l'association "The Co-Evolution Project".
Lui écrire | Tous les articles écrits par

Laisser un commentaire