<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>Association The Co-Evolution Project</title>
	<atom:link href="http://co-evolutionproject.org/index.php/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>http://co-evolutionproject.org</link>
	<description>Un blog utilisant WordPress</description>
	<lastBuildDate>Mon, 10 Jun 2013 09:30:59 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
	<sy:updatePeriod>hourly</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>1</sy:updateFrequency>
	<generator>http://wordpress.org/?v=3.5</generator>
		<item>
		<title>Interview de Mary Clear dans le prochain numéro de Commencements</title>
		<link>http://co-evolutionproject.org/index.php/2013/06/interview-de-mary-clear-dans-le-prochain-numero-de-commencements/</link>
		<comments>http://co-evolutionproject.org/index.php/2013/06/interview-de-mary-clear-dans-le-prochain-numero-de-commencements/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 10 Jun 2013 09:28:48 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Thierry Groussin</dc:creator>
				<category><![CDATA[A la une]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://co-evolutionproject.org/?p=1037</guid>
		<description><![CDATA[La parution de Commencements 5 est prévue pour la fin juin. Bientôt, nous vous en donnerons ici le sommaire. Entre autres sujets abordés, alors que les Incroyables Comestibles se répandent en France et ailleurs comme une traînée de poudre, nous avons eu le plaisir d&#8217;interviewer pour vous Mary Clear, co-fondatrice du célèbre mouvement de Todmorden. &#160;]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://co-evolutionproject.org/index.php/2013/06/interview-de-mary-clear-dans-le-prochain-numero-de-commencements/maryclear-2/" rel="attachment wp-att-1038"><img class="alignleft size-thumbnail wp-image-1038" alt="MaryClear 2" src="http://co-evolutionproject.org/wp-content/uploads/2013/06/MaryClear-2-150x150.jpg" width="150" height="150" /></a>La parution de Commencements 5 est prévue pour la fin juin. Bientôt, nous vous en donnerons ici le sommaire.</p>
<p>Entre autres sujets abordés, alors que les Incroyables Comestibles se répandent en France et ailleurs comme une traînée de poudre, nous avons eu le plaisir d&#8217;interviewer pour vous Mary Clear, co-fondatrice du célèbre mouvement de Todmorden.</p>
<p>&nbsp;</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://co-evolutionproject.org/index.php/2013/06/interview-de-mary-clear-dans-le-prochain-numero-de-commencements/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Michel Chast: le médecin est un médiateur entre le patient et le monde</title>
		<link>http://co-evolutionproject.org/index.php/2013/06/michel-chast-le-medecin-est-un-mediateur-entre-le-patient-et-le-monde/</link>
		<comments>http://co-evolutionproject.org/index.php/2013/06/michel-chast-le-medecin-est-un-mediateur-entre-le-patient-et-le-monde/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 10 Jun 2013 08:50:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Thierry Groussin</dc:creator>
				<category><![CDATA[A la une]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://co-evolutionproject.org/?p=1019</guid>
		<description><![CDATA[ Michel Chast est médecin généraliste. Il exerce son activité à Paris. &#160; &#160; Propos recueillis par Rémy Guillaumot &#160; Rémy Guillaumot: Il y a quelques années, vous avez co-écrit un livre avec le naturaliste et philosophe Yves Paccalet : &#8220;Soigner l&#8217;homme, soigner la Terre&#8221;. Pourquoi Laurent Laffont, votre éditeur, vous a-t-il demandé de faire cet [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://co-evolutionproject.org/index.php/2013/06/michel-chast-le-medecin-est-un-mediateur-entre-le-patient-et-le-monde/michel-chast/" rel="attachment wp-att-1020"><img class="alignleft size-thumbnail wp-image-1020" alt="Michel Chast" src="http://co-evolutionproject.org/wp-content/uploads/2013/06/Michel-Chast-150x150.jpg" width="150" height="150" /></a> Michel Chast est médecin généraliste.</p>
<p>Il exerce son activité à Paris.<span id="more-1019"></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><em>Propos recueillis par Rémy Guillaumot</em></p>
<p><!--more--></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><b>Rémy Guillaumot:</b></p>
<p>Il y a quelques années, vous avez co-écrit un livre avec le naturaliste et philosophe Yves Paccalet : &#8220;Soigner l&#8217;homme, soigner la Terre&#8221;. Pourquoi Laurent Laffont, votre éditeur, vous a-t-il demandé de faire cet ouvrage ?</p>
<p><b>Michel Chast:</b></p>
<p>Parce que je faisais une médecine un peu différente de ce qui se pratique.</p>
<p><b>En quoi est-elle différente ?</b></p>
<p>Je ne m&#8217;intéresse pas beaucoup à la maladie. Je m&#8217;intéresse plus aux gens.</p>
<p>Il faut écouter chaque patient, le regarder. C&#8217;est la raison pour laquelle je n&#8217;ai pas d&#8217;ordinateur à mon cabinet. Un jour, j&#8217;ai eu une réprimande de la sécurité sociale : je leur ai dit que je ne pouvais pas travailler avec un ordinateur parce qu&#8217;il fallait que je voie les gens. Si je ne les regarde pas, je n&#8217;observerai pas l&#8217;étincelle que je saisis parfois en eux, ou je ne pourrai pas relancer une conversation. Une consultation, c&#8217;est d&#8217;abord une conversation.</p>
<p>Puis il faut convaincre les gens qu&#8217;ils ont eu raison de venir et qu&#8217;on va leur proposer quelque chose d&#8217;un peu différent.</p>
<p>Un jour, une patiente est venue me voir en me demandant de la faire maigrir. Je me suis aperçu que je ne savais rien sur ce sujet, parce que cela ne s&#8217;apprend pas. On n&#8217;a pas de cours à la fac où l&#8217;on vous dit : &#8220;si les gens sont trop gros, il faut faire comme ça&#8221;. J&#8217;ai alors assisté à des conférences, j&#8217;ai lu des bouquins, je me suis documenté, j&#8217;ai travaillé seul… Or, tout ce que j&#8217;ai appris était beau mais inapplicable.</p>
<p>Je me suis dit qu&#8217;il fallait faire autrement. J&#8217;ai alors décidé que le régime ne servait à rien. Seules les bonnes habitudes pouvaient être utiles au patient. Le seul mot régime est déjà restrictif. Les gens ne peuvent pas être à l&#8217;aise avec ce mot-là. Je leur donne donc des principes d&#8217;alimentation, de cuisson, des recettes&#8230; Je leur donne des petits traitements à base d&#8217;homéopathie ou de phytothérapie, et ils maigrissent tranquillement, doucement. J&#8217;ai ainsi écrit un livre intitulé &#8220;Les régimes gourmands&#8221; qui s&#8217;adresse à tous : à ceux qui souhaitent maigrir bien sûr, mais aussi aux diabétiques, aux personnes du troisième âge, aux cardiaques… En fait, c&#8217;est le début de la médecine.</p>
<p>Je me suis aperçu, à travers mes lectures, qu&#8217;avant l&#8217;arrivée des médicaments, les seuls traitements dont on disposait étaient les aliments. On pratiquait des saignées, des clystères (lavements, ndlr), on distribuait des infusions et on pratiquait et l&#8217;art de bien (ou de mieux) manger.</p>
<p>En consultant des manuscrits qui décrivent la pharmacie de l&#8217;Hôtel-Dieu à la Renaissance, on s&#8217;aperçoit que la partie la plus importante était le jardin des simples, qui contenait toutes les plantes dont on se servait pour traiter les gens. La pharmacie se composait également de 12 litres de lait, 14 poulets…</p>
<p>C&#8217;est une préoccupation qui existait déjà chez les romains : diététique vient du latin dieta qui signifie art de vivre. L&#8217;écologie est le prolongement.</p>
<p><b>La médecine doit donc être appréhendée de façon globale ?</b></p>
<p>Bien sûr. La médecine ne peut être conçue que dans la globalité. Le corps humain n&#8217;est pas seulement une succession d&#8217;organes. Il possède ses sensations… Chaque patient est différent, il a sa propre culture. A partir de là chaque consultation est différente.</p>
<p>Hier, je recevais une patiente qui venait me voir pour un problème physique. En parlant avec elle, je me suis rendu compte qu&#8217;elle dissimulait un traumatisme profond lié à son histoire. On a parlé une heure et elle a un peu craqué. Les gens étaient impatients dans la salle d&#8217;attente parce que c&#8217;était long, mais cela me paraissait indispensable de faire sortir les choses. Je suis sûr que cela lui a fait du bien et, si elle doit me revoir un jour, elle portera un regard différent sur la médecine et sur les médecins.</p>
<p>J&#8217;ai un travail passionnant. C&#8217;est un travail de responsabilité, ce qui signifie se mettre à la disposition des autres et essayer d&#8217;aller chercher ce qu&#8217;ils ne vous disent pas spontanément. De façon à ce que les gens aillent mieux.</p>
<p>La médecine classique, allopathique, ne m&#8217;apportait pas ce que je cherchais, je me suis donc orienté vers une médecine plus globale, certes qui porte de l&#8217;allopathie parce que le médicament est important, mais pas uniquement. Je pratique beaucoup l&#8217;acupuncture, une médecine plus lente, la diététique, l&#8217;homéopathie, la phytothérapie, l&#8217;administration d&#8217;oligo-éléments…</p>
<p><b>Comment s&#8217;est fait cette évolution ?</b></p>
<p>On apprend tous les jours. Le médecin apprend dans les livres, dans les revues, mais aussi au contact du patient. Si vous acceptez de les regarder autrement, vous évoluez. C&#8217;est l&#8217;expérience.</p>
<p>Je m&#8217;intéresse à beaucoup d&#8217;autres choses qu&#8217;à la médecine, à l&#8217;art notamment. La musique que j&#8217;aimais à 18 ans n&#8217;était pas la même que celle que j&#8217;aimais à 25 ans ; et quand j&#8217;ai découvert l&#8217;opéra, cela a été extraordinaire.</p>
<p>De même, mes goûts en peinture ont évolué. Quand je n&#8217;arrive pas à m&#8217;intéresser à une école picturale, je m&#8217;interroge. Et petit à petit, certaines choses m&#8217;interpellent. Il y a un apprentissage, pour tout.</p>
<p>Lorsque je rencontre un patient pour la première fois, je ne le connais pas du tout. Et, systématiquement, au milieu de la conversation pour que ce ne soit pas agressif, je pose la même question : &#8220;est-ce que vous avez une vie sexuelle équilibrée&#8221;. Je me moque de la réponse. C&#8217;est simplement pour que la porte soit ouverte si un jour il a un problème sur ce plan là, qu&#8217;il n&#8217;ait pas peur de l&#8217;évoquer. Il est important que les patients sachent que, lorsqu&#8217;ils viennent me voir pour un rhume ou un autre problème, qu&#8217;ils puissent parler de l&#8217;autre problème surtout. Le rhume, n&#8217;importe qui peut le traiter. Mais se confier à quelqu&#8217;un, on ne le fait pas nécessairement.</p>
<p><b>A vous entendre, vous pourriez être psychiatre ou psychothérapeute…</b></p>
<p>Non parce que le psychiatre ne l&#8217;intéresse qu&#8217;à l&#8217;âme. Moi je m&#8217;intéresse aussi au physique, au tout. Lorsque j&#8217;apprends aux gens à mieux manger, le psychiatre ne le fera pas.</p>
<p>J&#8217;ai écris toute la partie médicale de l&#8217;encyclopédie de la famille africaine. J&#8217;ai beaucoup lu sur les guérisseurs, sur leur conception des choses. En brousse, ils sont aussi sorciers ou confidents, ils sont ceux qui prédisent le temps qu&#8217;il fera, ils font tout. Le rôle du médecin, c&#8217;est un petit peu cela.</p>
<p>Dans les villages chinois, les habitants donnaient une certaine somme d&#8217;argent au médecin pour qu&#8217;il les maintienne en bonne santé, mais ils devaient lui obéir. S&#8217;ils étaient malades, le médecin leur redonnait une partie de l&#8217;argent. Je trouve cela extraordinaire en termes de responsabilité réciproque. C&#8217;est notamment pour cela que je n&#8217;aime pas soigner les hommes : parce qu&#8217;ils ne vous écoutent pas. Je prends l&#8217;exemple d&#8217;un homme qui vient me voir avec un problème de tension artérielle élevé. Il a 18 de tension. Je lui explique qu&#8217;il s&#8217;agit d&#8217;un problème mécanique et que, s&#8217;il veut améliorer la situation, il y a des choses qu&#8217;il peut faire et d&#8217;autres pas. Je lui donne un traitement et lui donne rendez-vous un mois plus tard pour faire le point. Je le revois trois mois après et je sais qu&#8217;il n&#8217;a pas pris son traitement. Il est rare qu&#8217;un homme vous obéisse.</p>
<p>Une femme sera beaucoup plus respectueuse de ces conseils.</p>
<p><b>Et moi qui pensais que les patients qui consultent un médecin viennent avec l&#8217;intention de se soigner, en tous cas d&#8217;aller mieux !</b></p>
<p>Ca, c&#8217;est la théorie. Il faut faire comprendre aux gens que c&#8217;est pour eux qu&#8217;ils doivent se soigner. Avec la douleur, c&#8217;est facile. Les gens qui ont mal ne veulent plus avoir mal. Ils prennent un médicament puis ils n&#8217;ont plus mal. Or pour les problèmes chroniques c&#8217;est beaucoup plus délicat car intervient notamment la peur de la maladie.</p>
<p><b>L&#8217;attitude que nous avons à l&#8217;égard de nous même est un peu la même que celle que nous avons vis-à-vis de notre milieu de vie. Comment expliquez-vous ces contradictions ?</b></p>
<p>Parce que les gens n&#8217;ont pas été éduqués à cela ; beaucoup d&#8217;entre eux ne font pas le rapport entre un comportement, une action qu&#8217;on pourrait qualifier d&#8217;incohérente et les effets induits à l&#8217;égard de l&#8217;homme et de la nature. Il me semble très important d&#8217;éduquer les enfants et les adultes sur ces problématiques.</p>
<p>Je suis allé à l&#8217;école communale avant d&#8217;aller au lycée. Lorsque nous arrivions en classe, l&#8217;instituteur inscrivait chaque jour une phrase de morale au tableau. Je ne souviens pas du contenu, mais je me souviens que c&#8217;était bien. Si un instituteur inscrit aujourd&#8217;hui une phrase concernant l&#8217;écologie, les enfants écouteront, ils en tiendront compte et transmettront à leurs parents.</p>
<p>Lorsque je reçois un patient dans une séance anti-tabac, grâce à l&#8217;acupuncture, je lui demande pourquoi décider d&#8217;arrêter aujourd&#8217;hui alors que cela fait 35 ans qu&#8217;il fume. Souvent la réponse est la même : &#8220;c&#8217;est parce que mes enfants me le demandent&#8221;.</p>
<p><b>Comment faites-vous un diagnostic ?</b></p>
<p>Mon cabinet ne ressemble pas à un cabinet de consultation. Pour que les gens se sentent à l&#8217;aise.</p>
<p>Il y a un bureau, deux fauteuils. Il y a aussi une collection d&#8217;objets d&#8217;art africain, d&#8217;objets chinois, il y a de la peinture contemporaine et des choses qui changent. Les gens qui viennent me voir de temps en temps me disent: «Ah, ça c&#8217;est nouveau, vous ne l&#8217;aviez pas la dernière fois».</p>
<p>Je ne suis jamais en blouse. Il faut que ce soit un lieu convivial, que les gens se sentent bien.</p>
<p>Parfois certains se mettent à pleurer, alors je les écoute, je prends mon temps. Et quand le patient suivant me fait la remarque qu&#8217;il attend depuis longtemps, je lui réponds que je sais que cela fait une heure, parfois une heure et demie. Ou parfois cinq minutes. Mais je leur dis que le jour où ils iront très mal et où ils auront besoin de me parler, ils seront content de rester une heure dans mon bureau… Ils comprennent très bien, mais il est important de le leur expliquer.</p>
<p>Je ne fais pas systématiquement des examens de labo, même si cela peut parfois aider. Je fais de l&#8217;humain. Et je relie les choses les unes avec les autres : quand un patient a mal au dos, je regarde toujours son bassin et ses voûtes plantaires, qui peuvent être parmi les causes du mal de dos. Imaginons qu&#8217;un petit caillou entre dans votre chaussure, que vous ne l&#8217;ôtiez pas tout de suite et vous continuiez à marcher. Pas bien, mais vous marchez. Vous pouvez avoir un cor au pied. Vous ne prenez pas le temps d&#8217;aller chez le pédicure. Cela vous gène donc un peu, mais ce n&#8217;est pas si grave, même si vous ne marchez pas comme d&#8217;habitude. Un mois après, vous avez un petit peu mal dans le bas du dos, mais c&#8217;est supportable. Et la douleur évolue. Elle atteindra ensuite le milieu du dos, parce que les vertèbres sont comme des cubes empilés les uns sur les autres, puis les cervicales et enfin, vous aurez mal à la tête. Vous irez alors chez le médecin qui, s&#8217;il ne vous pose pas la question, vous donnera un traitement pour soulager ce mal de tête. Mais si le médecin vous regarde, vous interroge et remonte à la source du problème, vous explique pourquoi c&#8217;est arrivé, vous pourrez soigner la véritable cause. Les patients comprennent ainsi pourquoi ils doivent se soigner.</p>
<p>Ensuite il faut prendre le temps d&#8217;expliquer le traitement et toujours se demander, si j&#8217;étais à la place du patient, est-ce que j&#8217;accepterais ce type de traitement. Est-ce que c&#8217;est bien ou pas bien. Lourd ou pas lourd. Est-ce que c&#8217;est assez ou pas assez.</p>
<p>Je me souviens, il y a une quelques années, d&#8217;une jeune femme est venue me voir pour un mal de gorge. Elle n&#8217;avait pas de température. Elle m&#8217;a dit, c&#8217;est une angine, donnez-moi un traitement… Je lui ai expliqué que je pensais que ce n&#8217;était pas une angine, que c&#8217;était sans doute plus compliqué et qu&#8217;elle devait immédiatement aller faire une radio et une prise de sang. Elle avait une maladie de Hodgkin. Il a fallu la convaincre d&#8217;aller se faire soigner parce que ce n&#8217;était pas compatible avec son emploi du temps professionnel. J&#8217;ai pris rendez-vous pour elle à l&#8217;hôpital sans lui demander son avis et je l&#8217;ai convoquée là-bas pour le lendemain. Elle y est allée, ce qui l&#8217;a sauvée.</p>
<p>Un an après elle est venue pour me remercier.</p>
<p>Ca c&#8217;est du plaisir, du bonheur…</p>
<p><b>Le plaisir de soigner, c&#8217;est un moteur pour vous ?</b></p>
<p>Oui. Quand je pars travailler le matin, je suis content. Je suis très heureux de faire ce que je fais. J&#8217;ai la chance d&#8217;avoir mon cabinet assez proche de mon domicile et de pouvoir aller travailler à pied. Cela me met en forme pour mon premier patient.</p>
<p><b>Nous semblons là assez éloignés de la médecine générale telle qu&#8217;elle peut être perçue par tout un chacun…</b></p>
<p>Lorsque je me suis installé, tout au début, quand je faisais des remplacements, des patients venaient me voir pour un rhume et me demandaient à la fin de la consultation quand est-ce qu&#8217;ils devaient revenir me voir. Je ne comprenais pas la question. Je leur disais : &#8220;Vous ne revenez pas&#8221; ! Certains médecins faisaient revenir leurs patients pour faire une consultation, pour faire du fric. Pour vérifier que ça va bien, je n&#8217;oserais même pas prendre d&#8217;honoraires !</p>
<p>Je fais ce type de médecine parce que je peux prendre des honoraires libres, qui sont très modérés. Que je reçoive un quart d&#8217;heure ou deux heures, c&#8217;est le même prix pour tout le monde, que vous soyez ministre ou concierge.</p>
<p>Je connais un centre médical conventionné, qui pratique des honoraires fixes de 23 euros, et qui a installé des caméras dans le couloir. Le directeur n&#8217;est pas un médecin et les généralistes ne peuvent pas recevoir plus de 7 minutes un patient ! De plus, à chaque consultation, ces derniers sont obligés de renvoyer les patients vers deux autres spécialistes du centre, un radiologue ou autre.</p>
<p>Avant de m&#8217;installer dans mon cabinet, j&#8217;ai travaillé dans un tel centre médical. On m&#8217;a congédié parce que je ne prescrivais pas assez de médicaments et que je refusais d&#8217;en prescrire plus…</p>
<p>Personne ne sait que je fais des traitements anti-tabac. Mais au moins 5 personnes par jour viennent me voir pour cela. Seuls les patients qui sont contents m&#8217;envoient des gens.</p>
<p><b>Quel rapport faites-vous entre médecine et environnement ?</b></p>
<p>Les pathologies évoluent.</p>
<p>Il y a quarante ans, je rencontrais deux problèmes thyroïdiens par mois. Maintenant, j&#8217;en vois une dizaine par semaine. Vingt fois plus. Comme on est à Paris et pas dans une région qui favorise les problèmes thyroïdiens, il faut imaginer qu&#8217;il puisse y avoir d&#8217;autres facteurs qui les favorisent. Je ne vais pas tout mettre sur le compte de Tchernobyl, mais j&#8217;estime que les pouvoirs publics ont une responsabilité car on n&#8217;observe pas les mêmes pathologies en Allemagne. Ce n&#8217;est pas logique. Or en 1986, suite à cet accident nucléaire, les autorités allemandes ont pris des dispositions que la France n&#8217;a pas voulu prendre.</p>
<p>Les épidémies de gastro-entérites, les allergies, les maladies cardio-vasculaires pour ne citer qu&#8217;elles…, sont plus fréquentes également. Je ne pense pas que le corps humain soit plus fragile. Les causes sont donc à rechercher ailleurs, dans l&#8217;absorption de pollutions de l&#8217;air, de l&#8217;eau, dans une mauvaise alimentation… Je pense que c&#8217;est lié à la façon qu&#8217;ont les gens de se nourrir, aux ruptures de chaînes du froid, aux additifs alimentaires ; les allergies sont plus importantes maintenant qu&#8217;elles ne l&#8217;étaient auparavant, donc les pathologies évoluent.</p>
<p>Les médicaments évoluent aussi et ils ne sont pas anodins. Leur utilisation n&#8217;est pas anodine non plus.</p>
<p>Le cancer vient de l&#8217;homme. Il saccage la Terre et ne tient pas compte d&#8217;un certain nombre d&#8217;obligations, d&#8217;équilibres. En Europe, il y a des lacs dans lesquels il n&#8217;y aura bientôt plus de poissons parce que les femmes prennent la pilule. Cela peut paraître surprenant, mais c&#8217;est facile à comprendre : quand une femme prend la pilule, ses hormones passent dans les urines, puis dans les toilettes et rejoignent les égouts. S&#8217;il n&#8217;y a pas de station d&#8217;épuration elles rejoignent les rivières et les lacs. Avec ces hormones, tous les poissons deviennent femelles…, et s&#8217;il n&#8217;y a que des femelles, au bout d&#8217;un moment il n&#8217;y a plus de poissons.</p>
<p><b>Que faire ?</b></p>
<p>Ce n&#8217;est pas inéluctable. Il y a un rapport dramatique entre certaines pollutions et la chose politique. Car certains décideurs ont beaucoup à perdre dans des changements qui favoriseraient l&#8217;intérêt général au détriment d&#8217;intérêts particuliers.</p>
<p>Il est dramatique de constater qu&#8217;au cours de la campagne électorale présidentielle française de 2012 les enjeux écologiques n&#8217;ont absolument pas été abordés. La seule chose dont on ait un peu parlé concernait le nucléaire. Or s&#8217;il n&#8217;y avait pas eu l&#8217;accident de Fukushima qui a fait l&#8217;actualité en 2011, on n&#8217;aurait jamais parlé de nucléaire. Cela ne sert à rien d&#8217;avoir un ministère de l&#8217;environnement qui n&#8217;existe que pour remettre des décorations. C&#8217;est un sujet qui n&#8217;intéresse pas les politiques parce qu&#8217;ils sont inféodés à un certain nombre d&#8217;organisations…</p>
<p>Cette campagne était triste, il n&#8217;y avait pas d&#8217;inventivité, pas de folie, pas d&#8217;espoir, de projets. L&#8217;utopie est indispensable, il faut faire rêver les gens.</p>
<p><b>Comment sont les jeunes médecins ?</b></p>
<p>Quand on revient un peu en arrière, on s&#8217;aperçoit que les médecins étaient des humanistes. Ils s&#8217;intéressaient à la culture, à l&#8217;art, certains d&#8217;entre eux étaient collectionneurs, écrivains. J&#8217;ai passé un bac de philosophie, parce que cela m&#8217;intéressait. Après, je me suis intéressé aux maths et à la physique pour faire médecine. Je lis beaucoup, je collectionne des œuvres d&#8217;art.</p>
<p>Je me souviens il y a quelques années, j&#8217;allais à des dîners de médecins. L&#8217;après-midi même, j&#8217;étais allé dans un très bel appartement dans lequel j&#8217;ai vu deux magnifiques Utrillo. Je raconte cela aux médecins le soir et l&#8217;un d&#8217;eux, qui était jeune, me dit : &#8220;c&#8217;est quoi Utrillo ?&#8221;.</p>
<p>Les jeunes médecins, qui font des études scientifiques, sont imprégnés de science et sont moins sensibles aux choses de l&#8217;humanisme. Les formations trop spécialisées, comme dirait Edgar Morin, cloisonnent les savoirs et les esprits. Je ne dis pas que les jeunes médecins n&#8217;aiment pas les gens, mais ils ne vont pas nécessairement à leur contact. Pour moi, la culture fait partie de la vie.</p>
<p>Dans mon bureau, j&#8217;ai accroché au mur une phrase de Ben : &#8220;Le droit d&#8217;être soi-même&#8221;. Les gens la commentent et je trouve formidable que cela les interpelle.</p>
<p><b>Visiblement, vous ne pourriez pas vivre sans concilier art et médecine ?</b></p>
<p>Je vais vous raconter une rencontre exceptionnelle que j&#8217;ai faite. Et si je n&#8217;avais pas aimé l&#8217;art je ne l&#8217;aurais pas faite. Comme je me suis toujours intéressé à la peinture et que je peins moi-même, il y a quelques années j&#8217;ai été chargé d&#8217;organiser une vente aux enchères dans laquelle des artistes donneraient des œuvres pour une cause humanitaire. J&#8217;ai pris l&#8217;annuaire et j&#8217;ai consulté la rubrique &#8220;artiste-peintre&#8221;. Je suis arrivé à &#8220;Man Ray&#8221;. Je l&#8217;ai appelé, lui ai expliqué pourquoi je le sollicitais. Il a accepté de me recevoir et nous avons pris rendez-vous.</p>
<p>J&#8217;étais très impressionné car pour moi il était l&#8217;égal de Picasso. Il m&#8217;a reçu et nous avons longuement parlé. De peinture et de médecine. A la fin de la conversation, il m&#8217;a donné deux lithographies pour l&#8217;association que je soutenais et je suis parti. Pour moi, c&#8217;était fini.</p>
<p>Quinze jours après, sa femme m&#8217;appelle en me disant qu&#8217;il avait un problème de santé et en me demandant si j&#8217;accepterais de le soigner. J&#8217;y suis allé : il n&#8217;avait rien, il avait juste envie de discuter. Puis on a pris l&#8217;habitude de se voir et se revoir. Encore et encore.</p>
<p>Ce fût pour moi une rencontre qui a changé ma vie : il était quelqu&#8217;un de très important et de très simple duquel j&#8217;ai beaucoup appris.</p>
<p><b>Est-ce que vous vous nourrissez de l&#8217;art dans votre pratique médicale ?</b></p>
<p>Oui.</p>
<p>Je n&#8217;ai jamais fait que de la médecine et j&#8217;ai toujours soit peint, soit écrit. Et cela me permet de voir les choses autrement, donc de vivre ma vie autrement.</p>
<p>Ce sont aussi des choses que je conseille à mes patients. S&#8217;ils ont une pratique artistique ou culturelle, je les encourage à la développer, à écrire par exemple pour mettre à plat leurs émotions.</p>
<p>Aux gens déprimés je dis, répétez-vous trois fois par jour une phrase de Voltaire que je trouve magnifique : &#8221;j&#8217;ai décidé d&#8217;être heureux parce qu&#8217;on m&#8217;a dit que c&#8217;était bon pour la santé&#8221;. Dans cette phrase, un seul mot est important, c&#8217;est &#8220;décidé&#8221;. Alors c&#8217;est à vous de faire.</p>
<p>Aux gens d&#8217;origine étrangère qui ne se sentent pas toujours à l&#8217;aise, je leur dis cette phrase de Saint-Exupéry : &#8220;Si tu es différent de moi, loin de me léser, tu m&#8217;enrichis&#8221;. Je leur explique ainsi qu&#8217;ils peuvent nous apporter beaucoup et que leur rôle est important.</p>
<p>Je ne suis pas d&#8217;origine française. Mes parents ont tout perdu ailleurs et sont venus étudier en France. Donc ce racisme, ce manque de tolérance, je le ressens un peu plus.</p>
<p><b>Comment qualifieriez-vous vos patients ?</b></p>
<p>Ils subissent beaucoup de harcèlement au travail, ils sont harcelés par leur téléphone portable jusque chez eux. Ils ont des temps de transport domicile-travail incroyables, ils sont fatigués, ils ne sont pas bien dans leur vie personnelle&#8230; Les gens ne sont pas heureux.</p>
<p>Je les incite à être bien dans les deux. Mais ça me fait de la peine.</p>
<p><b>Comment abordez-vous la mort avec vos patients ?</b></p>
<p>La mort est un échec pour le médecin. C&#8217;est toujours une grande tristesse.</p>
<p>On parle de la mort pendant la vie, quand les gens vont bien.</p>
<p>Ce qui compte, c&#8217;est de ne pas faire souffrir. Ensuite il n&#8217;y a des choses qu&#8217;on ne peut pas maîtriser. Il faut que les patients aient le sentiment qu&#8217;on a tout fait pour que cela ne leur arrive pas là.</p>
<p>Personne ne s&#8217;imagine sa mort. On ne sait ni quand, ni où, ni comment. C&#8217;est une question permanente pour chacun. Aujourd&#8217;hui je vais bien, est-ce que demain ça ira bien ?</p>
<p>Ce sont les patients qui abordent le sujet. Mais souvent de façon abstraite car ça leur semble tellement loin et tellement pas le jour puisqu&#8217;ils se sont déplacés jusqu&#8217;au cabinet et qu&#8217;ils ne vont pas si mal que ça. Mais ce qu&#8217;ils demandent c&#8217;est &#8220;ne me faites pas durer&#8221;, &#8220;je ne veux pas souffrir&#8221;.</p>
<p><b>Quelle est votre position concernant l&#8217;euthanasie ?</b></p>
<p>Je pense qu&#8217;il ne faut pas légiférer. On peut accompagner à la mort.</p>
<p>Mais chacun est un cas particulier, comment voulez-vous que la loi définisse tous les cas possibles. Je pense que la meilleure des choses est d&#8217;établir un rapport de tendresse entre le médecin et le malade, ce qui fera qu&#8217;à un moment donné, le patient donnera ses instructions et le médecin jugera en son âme et conscience si l&#8217;heure est arrivée ou pas.</p>
<p>Mais pour le médecin, arrêter une vie est épouvantable. Je ne comprends pas les procès qui sont fait à des médecins qui ont abrégé les souffrances de trois ou quatre personnes. C&#8217;est très difficile. Il ne doit pas y avoir de décision collégiale. On a toujours tord quand on le fait. Mais est-ce que la raison ne demande pas d&#8217;avoir tord parfois ?</p>
<p>Le médecin n&#8217;est pas Dieu. Il n&#8217;est même pas l&#8217;égal de Dieu. Il n&#8217;a pas de pouvoir et ne doit pas en avoir.</p>
<p>Parce que la grande souffrance, c&#8217;est invivable. Les centres de soin palliatif que je souhaite voir se développer sont pour moi indispensables. Ils permettent une sérénité pour les familles et pour les patients en fin de vie.</p>
<p><b>Vous allez travailler avec le sourire, comment ressortez-vous du travail ?</b></p>
<p>Epuisé. Vous savez, j&#8217;ai commencé hier matin à 8h et je suis rentré chez moi à 21h45. Je ne me suis pas arrêté une seconde. A la fin, c&#8217;était dur.</p>
<p>C&#8217;est une fatigue physique et psychologique. Quand vous voyez des cas difficiles ou que vous recevez des gens que vous aimez bien et qui ne sont pas heureux…, vous partagez, vous absorbez. Vous voyez les gens évoluer dans leur maladie et décliner. Et en les suivant dans le temps, vous avez noué des liens.</p>
<p>Je soignais un monsieur d&#8217;une soixantaine d&#8217;années, ainsi que sa femme et ses enfants. J&#8217;ai des amis homosexuels et lui, il me semblait qu&#8217;il pouvait l&#8217;être, mais je ne voulais pas intervenir sur ce sujet. Un jour je ne le trouvais pas en forme. Au moment où je le raccompagne à la porte de mon bureau, je lui dis : vous savez, si vous avez besoin de me parler, vous pouvez me parler. On s&#8217;assied à nouveau et il me confie qu&#8217;il est homosexuel depuis toujours, qu&#8217;il va très mal car il vient de perdre son ami. Je suis marié parce que dans ma province on se marie, j&#8217;ai fait des enfants, parce qu&#8217;on fait des enfants. Ni ma femme, ni mes enfants ne savent que je suis homosexuel et je crève en ce moment. On n&#8217;en a plus reparlé, mais il savait que je savais, et ça a créé des liens formidables.</p>
<p><b>Que pensez-vous du suicide ?</b></p>
<p>J&#8217;admire beaucoup les gens qui se suicident. C&#8217;est beaucoup de courage. Cela dépend des circonstances, c&#8217;est un acte de désespoir et de respect pour les autres. J&#8217;aimerais avoir le courage de me suicider si je devais être dépendant.</p>
<p>C&#8217;est un incroyable acte d&#8217;amour que certaines personnes franchissent en se suicidant à deux comme André Gorz et sa femme Dorine, malade, l&#8217;ont fait conjointement en 2007. Il n&#8217;y a pas beaucoup de gens qui s&#8217;aiment comme ils se sont aimés.</p>
<p>J&#8217;ai toujours été étonné de voir la façon dont le survivant d&#8217;un couple vit sa vie. Des gens dont on observe qu&#8217;ils ont été sous la dépendance de leur partenaire toute une vie, on peut se dire qu&#8217;ils ne tiendront pas le coup, mais ils sont solides, ils assument tout. Ceci dit, le contraire se voit aussi, donc on ne peut jamais prévoir comme cela va se passer.</p>
<p><b>Pouvons-nous aborder le bonheur&#8230;</b></p>
<p>C&#8217;est quoi le bonheur ? Il ne dépend pas que de vous, mais d&#8217;un certain nombre d&#8217;autres facteurs que vous ne maîtrisez pas toujours. Donc à partir de ce constat, vous ne décidez pas tout.</p>
<p>Toute personne intelligente devrait rechercher le bonheur.</p>
<p>Parfois je me dis que j&#8217;ai réussi ma consultation. Je ressens de la joie. L&#8217;émotion devrait être partout.</p>
<p>Il m&#8217;est arrivé d&#8217;exposer de la peinture et lorsqu&#8217;une personne achète une de vos œuvres, ne serait-ce qu&#8217;un euro, c&#8217;est qu&#8217;elle aime cette chose qui est une partie de vous et qui fera désormais partie de son univers. Un livre, c&#8217;est différent : dès que vous donnez le manuscrit à l&#8217;éditeur, il ne vous appartient plus, vous ne connaîtrez pas les lecteurs, vous ne saurez pas s&#8217;il sera apprécié ou non&#8230;</p>
<p><b>La médecine permet-elle de retrouver l&#8217;harmonie, l&#8217;équilibre ?</b></p>
<p>La maladie modifie un équilibre qui est celui de la bonne santé. Je fais de l&#8217;acupuncture pour retrouver cet équilibre, qui ne sera jamais le même qu&#8217;avant mais qui permettra au patient de se sentir bien. Donc ce qui est valable avec l&#8217;acupuncture est valable avec toutes les médecines. Le médecin est le médiateur entre le patient et le monde.</p>
<p>Il n&#8217;y a pas de vérité en médecine. Vous êtes obligé de tâtonner, de vous poser des questions, de chercher. D&#8217;écouter, d&#8217;apprendre à écouter.</p>
<p>Dans une consultation, vous savez tout de suite si ça va bien se passer ou pas.</p>
<p><a href="http://co-evolutionproject.org/index.php/2013/06/michel-chast-le-medecin-est-un-mediateur-entre-le-patient-et-le-monde/remy-guillaumot-novembre-2012/" rel="attachment wp-att-1022"><img class="alignleft size-thumbnail wp-image-1022" alt="Rémy Guillaumot novembre 2012" src="http://co-evolutionproject.org/wp-content/uploads/2013/06/Rémy-Guillaumot-novembre-2012-150x150.jpg" width="150" height="150" /></a> <em>Rémy Guillaumot est responsable au sein du groupe SAFRAN de la créativité et des réseaux   d&#8217;innovation. Géographe et naturaliste de formation, il est devenu promoteur de relations harmonieuses entre les hommes et la nature.</em></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&#8212;-</p>
<p>Pour aller plus loin</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Michel Chast et Raymond Oliver, Les régimes gourmands, Albin Michel, 1978.</p>
<p>Michel Chast, Promenade à travers les vins et fromages de France, Carrère / Kian, 1988.</p>
<p>Michel Chast, Les douleurs : les comprendre, les soulager, Albin Michel, 1993.</p>
<p>Michel Chast et Yves Paccalet, Soigner l&#8217;Homme, soigner la Terre, Jean-Claude Lattès, 2003.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://co-evolutionproject.org/index.php/2013/06/michel-chast-le-medecin-est-un-mediateur-entre-le-patient-et-le-monde/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Francis Karolewicz lance «mon Ecocity»</title>
		<link>http://co-evolutionproject.org/index.php/2013/05/francis-karolewicz-lance-mon-ecocity/</link>
		<comments>http://co-evolutionproject.org/index.php/2013/05/francis-karolewicz-lance-mon-ecocity/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 07 May 2013 22:33:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Thierry Groussin</dc:creator>
				<category><![CDATA[A la une]]></category>
		<category><![CDATA[Amis de l'association]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://co-evolutionproject.org/?p=1010</guid>
		<description><![CDATA[Interview &#160; Francis, quel est le constat qui a motivé ton projet ? Les crises actuelles, financières, économiques, écologique, sociales et éthiques, nous amènent à réfléchir sur notre manière de vivre, de consommer et de partager. Ce mouvement prend de l&#8217;ampleur et voit l&#8217;apparition de nouvelles formes de consommation comme l&#8217;auto-partage, le co-voiturage, la consommation [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><em>Interview</em></p>
<p><a href="http://co-evolutionproject.org/index.php/2013/05/francis-karolewicz-lance-mon-ecocity/img_2183/" rel="attachment wp-att-1011"><img class="alignleft size-thumbnail wp-image-1011" alt="IMG_2183" src="http://co-evolutionproject.org/wp-content/uploads/2013/05/IMG_2183-150x150.jpg" width="150" height="150" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Francis, quel est le constat qui a motivé ton projet ? </strong></p>
<p>Les crises actuelles, financières, économiques, écologique, sociales et éthiques, nous amènent à réfléchir sur notre manière de vivre, de consommer et de partager. Ce mouvement prend de l&#8217;ampleur et voit l&#8217;apparition de nouvelles formes de consommation comme l&#8217;auto-partage, le co-voiturage, la consommation collaborative, bio et locale&#8230;Dans le même temps, l&#8217;accroissement de la pauvreté en Europe ne permet plus aux citoyens de se soigner correctement et pour certains de vivre décemment.</p>
<p>Ces crises sont l’occasion, pour tous, de se remettre en question et de s&#8217; interroger sur la bonne manière de consommer, d&#8217;échanger, de vivre&#8230; C&#8217;est l&#8217;opportunité de réveiller en nous notre esprit solidaire, coopératif, innovant, et d&#8217;agir au niveau local pour renforcer davantage les liens sociaux et économiques. Plus de 80% du budget d&#8217;un ménage se dépense dans une zone de 50 km autour de l&#8217;habitation principale et c&#8217;est également dans ce périmètre qu&#8217;une majorité de citoyens travaille, crée des liens amicaux, s&#8217;engage dans la vie associative et communale. C&#8217;est donc à cet endroit que &#8220;mon Ecocity&#8221; veut intervenir sur le thème du &#8220;comment mieux vivre ensemble&#8221; en achetant local, en s&#8217;investissant plus dans la consommation collaborative, en développant davantage les systèmes d&#8217;échanges locaux et toutes les innovations sociales qui peuvent aider les groupes humains à reconstruire du lien social et économique.</p>
<p><strong>Quel est le service que propose «Mon Ecocity» ? </strong></p>
<p>La société Human Smart Community en charge du projet &#8220;mon Ecocity&#8221;, propose à la fois une plateforme web et la diffusion gratuite d&#8217;un guide pratique et solidaire du <em>Vivre Mieux Ensemble en dépensant moins</em>. La plateforme Web de consommation collaborative &#8220;mon Ecocity&#8221; est consacrée au partage d&#8217;informations et de services dans la sphère locale. En multipliant les échanges entre particuliers, professionnels, municipalités et associations, elle facilite la vie des citoyens et participe à l&#8217;essor économique local et national. En s&#8217;inscrivant gratuitement, chaque membre accède à des univers de consommation et de partage lui proposant des annonces, des bons plans, des achats groupés, de l&#8217;autopartage, des promotions et réductions, des produits locaux, des informations concernant la vie locale, etc. En un clic, il est transporté dans le développement social et économique de sa localité. Chacun pourra également télécharger gratuitement le guide pratique et solidaire de 220 pages qui propose huit rubriques et un répertoire de 300 sites. Il contient des fiches pratiques comme &#8220;Economiser en bonne intelligence&#8221;, &#8220;Comprendre vos droits à la santé&#8221;, et des questionnaires ciblés: &#8220;Evaluer son potentiel d&#8217;économies et de ressources supplémentaires&#8221;. Dans &#8220;Le rôle des villes et villages solidairement économiques et écologiques&#8221;, l&#8217;élu pourra découvrir de nouveaux axes de développement pour sa municipalité.</p>
<p><strong>Qu&#8217;est-ce qui pourrait aider ou freiner le développement du projet ? </strong></p>
<p>Dans le cadre du lancement d&#8217;une société &#8220;web&#8221; la réussite dépend souvent du financement nécessaire pour faire connaître au plus grand nombre l&#8217;utilité économique et sociale des prestations proposées. Ensuite il faut attendre une masse critique d&#8217;inscrits avant de pouvoir prétendre faire vivre le projet en toute autonomie. Dans notre situation, le financement est un élément important mais l&#8217;implication des citoyens, des élus locaux, des associations et des professionnels est décisive. &#8220;Mon Ecocity&#8221; offre aux acteurs locaux un cadre pour développer davantage l&#8217;initiative, la créativité, l&#8217;économie et les liens sociaux. C&#8217;est à eux de s&#8217;en emparer. Notre modèle est construit de telle manière que nous pouvons faire vivre 5000 plateformes locales en même temps. Imaginez qu&#8217;avec un clic vous accédiez à la vie de votre localité. Si vous déménagez, il vous suffit de changer le nom de votre ville sur votre fiche pour accéder aux informations concernant votre nouveau domicile.</p>
<p><strong>Comment booster &#8220;mon Ecocity&#8221; ?</strong></p>
<p>Pour nous aider, il faut que chaque inscrit poste des annonces et invite ses amis à rejoindre la plateforme. Pour nous aider nous cherchons des bénévoles pour faire vivre la plateforme au niveau de leur localité. Pour nous aider, nous avons besoin de votre interactivité sur le contenu du site. Le principal handicap de ce projet se situe dans son aspect local. En effet, 30 000 abonnés répartis dans toute la France ne seraient pas suffisants pour faire vivre &#8220;mon Ecocity&#8221;, sauf s&#8217;ils étaient concentrés sur quelques communes. C&#8217;est pourquoi il est essentiel pour nous de trouver des relais locaux actifs!</p>
<p><strong>Quel est le modèle économique de &#8220;mon Ecocity&#8221; ?</strong></p>
<p>&#8220;Mon Ecocity&#8221; est une aventure entrepreneuriale, sans doute la dernière de ma carrière professionnelle mais la plus importante au regard des enjeux humains et sociétaux et de mon engagement financier. La plateforme est financée par l&#8217;abonnement des professionnels et des mairies de plus de 2000 habitants, la publicité nationale et locale. Une fois l&#8217;équilibre des résultats obtenus, 20% des résultats seront réinvestis dans des projets locaux visant à développer l&#8217;emploi, l&#8217;économie locale ou la formation.</p>
<p><strong>Et si tu vas jusqu’au bout de ton rêve, qu&#8217;imagines-tu ? </strong></p>
<p>J&#8217;imagine au travers de la France des milliers de plateformes locales autonome s permettant à des centaines de milliers de membres d&#8217;échanger, de partager, de consommer autrement, de se relier entre eux, de faire vivre leur localité de manière plus participative, de proposer des innovations sociales&#8230; J&#8217;imagine un citoyen acteur et moins consommateur, un citoyen plus collectif qu&#8217;individuel, un citoyen bâtisseur plutôt qu’assisté. Le renouveau doit venir de la dynamique locale. J&#8217;imagine ensuite que ce modèle soit diffusé dans de nombreux pays européens qui ont le même soucis du développement local que nous.</p>
<p><em><strong>Le site &#8220;mon Ecocity&#8221;:</strong></em> <a title="mon Ecocity" href="http://www.monecocity.fr/index.php/accueil">http://www.monecocity.fr/index.php/accueil</a></p>
<p><em><strong>Contacter Francis Karolewicz:</strong></em> francis.karolewicz@fmk-consulting.com</p>
<p>&#8220;Mon Ecocity&#8221; sur Facebook: <a title="Mon Ecocity sur Facebook" href="https://www.facebook.com/Mon.ECOCITY">https://www.facebook.com/Mon.ECOCITY</a></p>
<p><strong>Francis Karolewicz</strong></p>
<p><em>Depuis trente ans, Francis Karolewicz ￼- consultant, coach et conférencier &#8211; est impliqué dans la valorisation du capital humain au sein des entreprises. Concepteur du Développement des Ressources Humaines Durables (DRHD), il intervient ces dix dernières années auprès de décisionnaires d&#8217;entreprises. En 2005, il écrit &#8220;RH &amp; Développement durable&#8221; puis formalise la suite de sa démarche en 2010 avec la publication de : « Eco-management», préfacé par Nicolas Hulot. Il est aussi l&#8217;auteur en 1998 de : “L’expérience, un potentiel pour apprendre» et de nombreux articles sur la coopération et le changement. En juin 2012, Francis s&#8217;engage dans l&#8217;opération visant le “Vivre mieux ensemble en dépensant moins”. Il crée en avril 2013 sa nouvelle société Human Smart Community afin de lancer &#8220;mon Ecocity&#8221;. Il dirige également FMK Consulting (1995) et Isiquest (2001), conseil et outils de management des ressources humaines. www.blog.fmk-consulting.com </em></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://co-evolutionproject.org/index.php/2013/05/francis-karolewicz-lance-mon-ecocity/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Le 3 avril, Bernard Rohmer nous a présenté Mom21</title>
		<link>http://co-evolutionproject.org/index.php/2013/03/le-3-avril-bernard-rohmer-presentera-mom21/</link>
		<comments>http://co-evolutionproject.org/index.php/2013/03/le-3-avril-bernard-rohmer-presentera-mom21/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 19 Mar 2013 12:47:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Thierry Groussin</dc:creator>
				<category><![CDATA[A la une]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://co-evolutionproject.org/?p=993</guid>
		<description><![CDATA[Mom21: Mouvement pour l’Organisation et le Management du 21e siècle. L’origine: la rencontre de FAVI et de Jean-François Zobrist. Entreprise de fonderie, OVNI atterri dans un champ de Picardie, FAVI fonctionne sans hiérarchie et sans cloisonnements, et accumule depuis trente ans des performances enviées de tout le secteur de la sous-traitance automobile. Pour en savoir [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong><a href="http://co-evolutionproject.org/index.php/2013/03/le-3-avril-bernard-rohmer-presentera-mom21/br-08-12/" rel="attachment wp-att-994"><img class="alignleft size-thumbnail wp-image-994" alt="BR 08-12" src="http://co-evolutionproject.org/wp-content/uploads/2013/03/BR-08-12-150x150.jpg" width="150" height="150" /></a>Mom21</strong>: Mouvement pour l’Organisation et le Management du 21e siècle. L’origine: la rencontre de FAVI et de Jean-François Zobrist. Entreprise de fonderie, OVNI atterri dans un champ de Picardie, FAVI fonctionne sans hiérarchie et sans cloisonnements, et accumule depuis trente ans des performances enviées de tout le secteur de la sous-traitance automobile.</p>
<p>Pour en savoir plus sur Mom21: http://mom21.unblog.fr/2012/12/01/faire-part-de-naissance/#more-1<br />
Pour en savoir plus sur FAVI: <a href="http://www.excellence-operationnelle.tv/question-de-confiance-le-film-sur-favi-que-jestime-dutilite-publique.php">http://www.excellence-operationnelle.tv/question-de-confiance-le-film-sur-favi-que-jestime-dutilite-publique.php</a></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://co-evolutionproject.org/index.php/2013/03/le-3-avril-bernard-rohmer-presentera-mom21/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Un choix d&#8217;articles des 4 premiers numéros de Commencements mis en ligne en accès libre</title>
		<link>http://co-evolutionproject.org/index.php/2013/03/un-choix-darticles-des-4-premiers-numeros-de-commencements-mis-en-ligne-en-acces-libre-3/</link>
		<comments>http://co-evolutionproject.org/index.php/2013/03/un-choix-darticles-des-4-premiers-numeros-de-commencements-mis-en-ligne-en-acces-libre-3/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 15 Mar 2013 15:29:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Thierry Groussin</dc:creator>
				<category><![CDATA[A la une]]></category>
		<category><![CDATA[Articles de la revue "Commencements"]]></category>
		<category><![CDATA[Articles de la revue "Transitions"]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://co-evolutionproject.org/?p=985</guid>
		<description><![CDATA[SOMMAIRE DU RECUEIL L’ARBRE QUI TOMBE Franck Biancheri En route pour le monde d’après Dominique Viel Vers la fin des ressources illimitées Jean-Michel Servet Le grand renversement Vérène Nicolas Au commencement sont nos besoins &#160; LIBERER LA VIE Andreu Solé La comédie du bonheur René Duringer « Free lifers » &#160; RESILIENCES ET ENERGIES Yannick Roudaut La résilience ou la multiplication des [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><strong>SOMMAIRE DU RECUEIL</strong></p>
<p>L’ARBRE QUI TOMBE</p>
<p><b>Franck Biancheri </b>En route pour le monde d’après</p>
<p><b>Dominique Viel </b>Vers la fin des ressources illimitées</p>
<p><b>Jean-Michel Servet </b>Le grand renversement</p>
<p><b>Vérène Nicolas </b>Au commencement sont nos besoins</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>LIBERER LA VIE</p>
<p><b>Andreu Solé </b>La comédie du bonheur</p>
<p><b>René Duringer </b>« Free lifers »</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>RESILIENCES ET ENERGIES</p>
<p><b>Yannick Roudaut </b>La résilience ou la multiplication des initiatives</p>
<p><b>Lydia et Claude Bourguignon </b>Le sol, la Terre, la vie</p>
<p><b>Robert Ulanowicz </b>Le nouveau paradigme de la durabilité</p>
<p><b>Guibert del Marmol </b>L’énergie subtile de la métamorphose</p>
<p><b>Alastair Hulbert </b>Nourritures de l’âme</p>
<p style="padding-left: 480px;"><i>Commencements</i></p>
<p style="padding-left: 480px;"><i>est une revue de veille prospective </i></p>
<p style="padding-left: 480px;"><i>sur les comportements émergents </i></p>
<p style="padding-left: 480px;"><i>et les nouveaux modèles de civilisation</i></p>
<p><a href="http://co-evolutionproject.org/index.php/2013/03/un-choix-darticles-des-4-premiers-numeros-de-commencements-mis-en-ligne-en-acces-libre-3/recueil-choisi-comm-01-04/" rel="attachment wp-att-986">Recueil choisi Comm 01-04</a></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://co-evolutionproject.org/index.php/2013/03/un-choix-darticles-des-4-premiers-numeros-de-commencements-mis-en-ligne-en-acces-libre-3/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>18 janvier 2013: Radioactivité record sur un poisson pêché près de Fukushima</title>
		<link>http://co-evolutionproject.org/index.php/2013/01/18-janvier-2013-radioactivite-record-sur-un-poisson-peche-pres-de-fukushima/</link>
		<comments>http://co-evolutionproject.org/index.php/2013/01/18-janvier-2013-radioactivite-record-sur-un-poisson-peche-pres-de-fukushima/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 21 Jan 2013 16:28:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Thierry Groussin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Veille Fukushima]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://co-evolutionproject.org/?p=938</guid>
		<description><![CDATA[Un poisson pêché à des fins de contrôle près de la centrale nucléaire accidentée de Fukushima présente un niveau impressionnant de contamination radioactive, plus de 2 500 fois supérieur à la limite légale fixée par le Japon, a annoncé, vendredi 18 janvier, l&#8217;opérateur du site. Le Monde Planète, 18 janvier 2013. http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/01/18/radioactivite-record-sur-un-poisson-peche-pres-de-fukushima_1819315_3244.html]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Un poisson pêché à des fins de contrôle près de la centrale nucléaire accidentée de Fukushima présente un niveau impressionnant de contamination radioactive, plus de 2 500 fois supérieur à la limite légale fixée par le Japon, a annoncé, vendredi 18 janvier, l&#8217;opérateur du site. Le Monde Planète, 18 janvier 2013.</p>
<p><a href="http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/01/18/radioactivite-record-sur-un-poisson-peche-pres-de-fukushima_1819315_3244.html">http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/01/18/radioactivite-record-sur-un-poisson-peche-pres-de-fukushima_1819315_3244.html</a></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://co-evolutionproject.org/index.php/2013/01/18-janvier-2013-radioactivite-record-sur-un-poisson-peche-pres-de-fukushima/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>La Route de la Soie (douze mille kilomètres) à pied, en solitaire, d’Istanbul à Xian à plus de soixante ans…</title>
		<link>http://co-evolutionproject.org/index.php/2013/01/la-route-de-la-soie-douze-mille-kilometres-a-pied-en-solitaire-distanbul-a-xian-a-plus-de-soixante-ans/</link>
		<comments>http://co-evolutionproject.org/index.php/2013/01/la-route-de-la-soie-douze-mille-kilometres-a-pied-en-solitaire-distanbul-a-xian-a-plus-de-soixante-ans/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 17 Jan 2013 08:29:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Thierry Groussin</dc:creator>
				<category><![CDATA[A la une]]></category>
		<category><![CDATA[Amis de l'association]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://co-evolutionproject.org/?p=916</guid>
		<description><![CDATA[Un fauteuil à bascule pour sa retraite… Un canoë pour ses soixante-dix ans Bernard Ollivier: un héros normal! Gare de Bernay : le TER est presque à l’Eure… Sur le quai, nous cherchons du regard Indiana Jones.  Mais à la place du chapeau de brousse cerclé de peau de serpent, c’est coiffé d’un couvre-chef quasi mitterrandien [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong><em>Un fauteuil à bascule pour sa retraite… </em></strong><strong><em>Un canoë pour ses soixante-dix ans</em></strong></p>
<p><a href="http://co-evolutionproject.org/wp-content/uploads/2013/01/bernard-ollivier.jpg" rel="lightbox[916]"><img class="alignleft size-medium wp-image-917" title="Bernard Ollivier" src="http://co-evolutionproject.org/wp-content/uploads/2013/01/bernard-ollivier.jpg" alt="" width="250" height="168" /></a></p>
<h4>Bernard Ollivier: un héros normal!</h4>
<p><em> </em></p>
<p>Gare de Bernay : le TER est presque à l’Eure…</p>
<p>Sur le quai, nous cherchons du regard Indiana Jones.  Mais à la place du chapeau de brousse cerclé de peau de serpent, c’est coiffé d’un couvre-chef quasi mitterrandien que Bernard Ollivier nous fait signe. Il est en sandales. J’observe ses pieds : aucune trace des millions de pas parcourus. Sur le parking, pas de taxi-brousse, mais une Twingo un peu fatiguée, fraîchement repeinte par quelques pigeons irrespectueux. Quatre ou cinq kilomètres de verts pâturages plus loin, une maison à colombage typiquement normande : suivie par un chaton tout noir, une chienne « labrabraque », toute blanche elle, quémande joyeusement les caresses : ils sont loin les Kangals…*</p>
<p>A l’intérieur du « home sweet home », je m’extasie : devant la cheminée en pierre, le fauteuil à bascule de Ma Dalton (version améliorée) trône là comme une invitation. « Ce fauteuil a une histoire » commente Bernard.</p>
<p>Cadeau familial pour un départ en retraite prématuré, il symbolise à ce moment-là tout ce que l’ex-journaliste parisien voit arriver avec désespoir bien plus vite que le TER Paris-Bernay : la vieillesse, la fin de la vie… Faut dire qu’il sort d’une sale période : à la cinquantaine à peine entamée et dans le même mois, il a perdu les deux femmes de sa vie, sa mère puis sa femme, est monté dans la charrette organisée par le quotidien mal en point qui l’employait, et a vu ses enfants, maintenant en âge de voler de leurs propres ailes, quitter le nid familial. Il s’est alors lancé à fond dans une activité de journaliste indépendant (presse écrite, radio, TV…) avec une certaine réussite, puisqu’il avoue n’avoir jamais autant travaillé que durant son « chômage ». Par déontologie personnelle, il s’est cependant fixé une limite : à soixante ans, il cessera cette activité « pour libérer la place aux jeunes ».</p>
<p>Et à soixante ans et quinze jours (le temps de faire une ultime pige pour couvrir les Jeux Paralympiques de Nagano), il s’exécute. Dans tous les sens du terme d’ailleurs, puisque cette décision coïncide avec le début d’une déprime carabinée.</p>
<p>Devant un café gentiment proposé par Bénédicte, sa compagne, Bernard raconte : « Où que je me tournais, j’avais l’impression que les portes se refermaient, les unes après les autres »&#8230; N’en restait qu’une seule, largement ouverte celle-là (à condition de la garder secrète) : celle du « grand départ ». Définitif. Ce voyage-là, il a même fini par le programmer. C’est décidé : il ne dépassera pas le cap de son prochaine anniversaire (le 11 janvier). Déjà, il en est à la recherche du procédé. Le plus élégant, le moins traumatisant pour la famille.  Mais un coup de fil providentiel juste avant son dernier Noël, va déjouer ce fort méchant plan : oui, il a encore une utilité sur cette bonne vieille terre, et ça, c’est la (bonne) nouvelle qui change tout… Qui a dit que le bonheur, c’était « simple comme un coup de fil » ?</p>
<p>(Leçon retenue par ses proches : pour ses soixante-dix ans, on lui offrira… un canoë !)</p>
<p style="text-align: center;">
<h4><strong>Renvoyer l’ascenseur d’une enfance heureuse</strong></h4>
<p>Mais commençons par le « commencement » (n’est-ce pas Thierry ?).</p>
<p>Bernard a connu une jeunesse heureuse, dans une famille pauvre et nombreuse. Plutôt doué à l’école primaire, il sera éternellement reconnaissant à son instituteur d’avoir su convaincre ses parents de « pousser le petit » pour lui procurer un bagage qui lui servira plus tard. Tout est donc pour le mieux dans la meilleure des Normandie.</p>
<p>Il a dix-huit ans, quand les bacilles chers à Herr Koch s’en mêlent : un an de sana et la mort d’un proche atteint du même mal le convainquent de déserter l’hôpital sans être tout à fait guéri. Verdict du médecin de famille virois, spécialiste de la maladie : pour les dix ans à venir, pas de sport, pas de sorties, pas de cigarettes, pas de soleil, pas même de lecture, sans oublier la sieste quotidienne obligatoire ! Le docteur Drucker (le père de Michel) ne badine pas avec la santé.</p>
<p>A moins de vingt ans, dix ans c’est une éternité.</p>
<p>Réaction ? Provocation ? (ou simplement résilience…), il opte pour la transgression : il sera prof de gym. Et entreprend aussitôt les études idoines avec la rage de vivre et l’investissement physique (quatre à cinq heures de sport par jour) que ça suppose. Diplôme en poche, il exercera le métier quelques mois (n’abandonnant ses deux paquets de cigarettes quotidiens qu’à l’âge de quarante-cinq ans, mais, pour le coup, c’est le bon docteur Drucker qui a du tousser !).</p>
<p>L’essentiel est là : il a déjoué le destin. De cette première période de sa vie, on retiendra donc que, paradoxalement, en l’empêchant de « faire l’Algérie », la maladie a fait de lui un résistant. Bernard, lui, préfère se souvenir de ceux qui l’ont aidé à devenir progressivement ce qu’il est. Avec une obsession : renvoyer l’ascenseur…</p>
<p style="text-align: center;">
<h4><strong>Compostelle comme un bilan de compétences et comme un chemin de Damas…</strong></h4>
<p><strong> </strong></p>
<p>Ayant repris goût à la vie, il refait des projets. Et le plus immédiat de ceux-ci consiste pour cet agnostique à partir sur le camino de Compostelle. Lui, qui a toujours fait du « sport thérapeutique » (en réaction à sa maladie d’abord, puis quand il a arrêté de fumer) « en prend » pour trois mois (à raison de vingt-cinq à trente kilomètres par jour). Ce passionné d’histoire n’ignore pas que la Reconquista espagnole a été rendue possible notamment grâce à l’argent des pèlerins. Qu’est ce qui peut bien pousser  chaque année des centaines de gens à marcher ainsi sur leurs traces ?</p>
<p>Premier mois de marche : il fait, chemin faisant (sic), son « bilan de compétences », et en extrait deux constats : 1/ Son ressort à lui, c’est se rendre utile.  2/ Plus il marche, plus il est en forme, et, plus il est en forme mieux il pense.</p>
<p>Deuxième mois de marche : il réfléchit à la suite du programme. On pense à Bécaud : « et maintenant, que vais-je faire de tout ce temps que sera ma vie&#8230; ». Que veut-il faire et que va-t-il faire à son retour ?  La marche va lui fournir deux réponses à ces questions.</p>
<p>La première, c’est que plus il progresse vers Saint-Jacques, et plus il se rend compte que les deux mille trois cents kilomètres du fameux « pèlerinage » sont insuffisants à le rassasier. Il découvre que la seule souffrance (qu’on lui avait promise) dans la marche, c’est… quand elle s’arrête ! L’homme n’est-il pas « fabriqué pour marcher » ?</p>
<p>Il lui faut trouver un autre projet plus en rapport avec son nouvel appétit pour, dit-il, « continuer dans le bonheur ». Et lui qui a lu tout Braudel va, au fil des sentiers caillouteux, en concevoir un sacrément roboratif : mettre ses pas dans les traces de Marco Polo, Guillaume de Rubroek, les armées d’Alexandre (entre autres) et les caravanes de la Route de la Soie. Douze mille bornes et quelques lis…</p>
<p>Deuxième réponse (La route de Compostelle comme un chemin de Damas ?) : par hasard, lors d’une étape, il apprend que, quelques jours devant lui, deux délinquants belges, en compagnie de leur gardien, accomplissent leur peine en… marchant. Il cherchera par tous les moyens à les rencontrer, mais dans son zèle à les rattraper, finira par les dépasser sans jamais les rejoindre.</p>
<p>Qu’importe : il tient le moyen de « renvoyer l’ascenseur » en même temps que le truc qui lui permettra d’aider les jeunes, lui qu’on a précisément aidé quand il était jeune.</p>
<p>Troisième mois de marche : Ses projets prennent vie.</p>
<p>Le fauteuil à bascule attendra, car, au retour, il lui faudra mettre sur pieds (re-sic) une expédition inédite dont la préparation et la réalisation lui prendront quatre ans, convaincre un éditeur de publier le récit qu’il en tirera, et porter sur les fonts baptismaux l’association nouveau-née pour laquelle il a trouvé un nom qui est à lui seul toute une invitation : « SEUIL ».</p>
<p>Bref, « la vie commence à soixante ans »**.</p>
<p style="text-align: center;">
<h4><strong>La préparation minutieuse d’un projet moyen terme</strong></h4>
<p>Bernard rentre de Galice avec la grinta. Le « liquidé » de la Sécurité Sociale (un terme qui lui fait horreur) va faire mentir, et comment, la CSP qui voudrait le classer dans la catégorie des « inactifs ».</p>
<p>Son enthousiasme est contagieux car un éditeur (seulement le troisième qu’il consulte), non seulement adhère au projet de l’ancien journaliste, mais lui témoigne sa confiance en lui faisant parvenir… un chèque de commande pour quatre livres, à lui qui n’en a jamais écrit aucun !  (chèque que Bernard se refusera à encaisser tant qu’il n’aura pas « fait le travail ». « Si j’avais échoué, j’aurais rendu le chèque » confirme-t-il).</p>
<p>En attendant, il prépare minutieusement son entreprise, dévorant tout ce qu’il trouve sur la Route de la Soie (il s’est inscrit, à cet effet, à la Bibliothèque Nationale avec une carte de chercheur), épluchant les cartes, étudiant le turc, le farsi et le russe. Le normand n’est pas une tête brulée. La conduite de projet, chère aux entreprises, pourrait s’inspirer de son organisation : objectifs clairement arrêtés, échéances et étapes bien balisées (pour des raisons géo-météo-politiques, il étale son parcours sur quatre années, avec pour chacune d’entre elles trois mois de préparation et quatre mois de marche, plus cinq mois pour écrire son livre ; c’est un travail à 80%, le reste du temps étant consacré à son association). Conscient des risques qu’il va courir, Il n’oublie pas sa famille non plus. Il a fait son testament avant de partir, et imagine d’expédier en France (à son adresse) le récit quotidien de ses aventures au gré des villes et villages traversés. On ne saurait être trop prévoyant : au cas où il lui arriverait malheur, il serait ainsi plus facile à ses enfants de localiser où se trouve le marcheur et de savoir quand il a émis pour la dernière fois…</p>
<p>Le temps qui lui reste est consacré à mettre en forme l’association dont il a eu la révélation sur le chemin de Compostelle. Il rencontre les belges, trouve une trésorière, un secrétaire, rédige des statuts…</p>
<p>Le 6 mai 1999, un train quitte la gare d’Austerlitz sans tambours ni trompettes, direction Venise, d’où partit, sept siècles plus tôt, un jeune homme de quinze ans du nom de Marco Polo.</p>
<p>Au moment du départ, à soixante et un ans, le doute s’installe chez son lointain héritier.</p>
<p>Réussira-t-il son invraisemblable pari ?</p>
<p style="text-align: center;">
<h4><strong>Quatre ans plus tard***</strong></h4>
<p>Assis dans le fameux fauteuil à bascule, devant un ballon de saint-Estèphe, Bernard revit pour nous quelques épisodes des années passées sur la route. Il nous montre une photo de ses pieds ensanglantés après plusieurs jours d’une ration quotidienne oscillant entre trente et soixante kilomètres (et encore, précise-t-il, la photo ne rend compte que partiellement de l’étendue des dégâts)…  Il  a échappé aux veuves noires, aux crotales, aux chiens de berger, aux militaires, aux terroristes, à la maladie, aux accidents…</p>
<p>A-t-il eu peur ? « Mais bien sûr », répond-il, « je suis un peureux » (là, on a peine à le croire). « Cependant, je n’ai pas beaucoup d’imagination » (!), « ce qui évite de trop gamberger sur les dangers à affronter en pareille expédition, et j’ai sans doute aussi une bonne dose d’inconscience ». Il se plait à citer cette formule : « il faut de l’inconscience pour partir et de la chance pour revenir ». Et puis ne vaut-il pas mieux « projeter du rêve que du réalisme » ?</p>
<p>Au fond, c’est bien au pied du mur que se révèle le maçon. Version optimiste de l’adage qui veut que la peur n’évite pas le danger ? Sa recette personnelle : « J’ai une bonne nature. Quand on m’agresse, je ne me laisse pas faire. Et, curieusement, ça marche… ». Dit comme ça… Au passage, le héros normal souligne la singularité d’une société, la nôtre, qui « diffuse des habitudes de peur » alors que « nous sommes assurés pour tout ». La peur est naturelle mais « elle ne doit pas empêcher de faire ».</p>
<p>CQFD.</p>
<p>Mais plus que sur ses frayeurs ou sur la beauté des paysages, Bernard préfère s’étendre sur les rencontres qu’il a pu faire. Pour cela, rien de tel… que la solitude****.</p>
<p>Au bout du compte, il pourra écrire : «  J’ai rencontré tant de gens accueillants que j’en reste comme ébloui ».</p>
<p style="text-align: center;">
<h4><strong>« J’étais un blaireau. Je suis un héros »</strong> (si ça n’est pas de la résilience, ça !).</h4>
<p>Question bête : combien coûte ce genre d’expédition ?</p>
<p>Bernard réagit comme si un scorpion l’avait piqué : « Mais, rien du tout. A part le billet d’avion&#8230; ». Et de préciser, « lors de ma deuxième étape  (un peu plus de 3000 kilomètres jusqu’à Samarcande),  je suis parti avec 1 500 dollars en poche. A mon retour, il m’en restait… 1200 ». Ses yeux rient : « Mieux même, ce voyage m’a rapporté plein d’argent ». Il fait ici allusion aux droits d’auteur des livres qu’il avait promis d’écrire, et qui constituent un succès de librairie insoupçonnable au départ (qu’il attribue notamment au fait que, dans ses récits, il ne cache rien de ses faiblesses, de ses peurs ou de ses douleurs &#8211; ce qu’un de ses lecteurs exprimera ainsi : « J’ai eu l’impression de faire le voyage avec vous »).</p>
<p>Cette manne, éminemment providentielle, il va en faire le meilleur usage, car il a ainsi trouvé le financement dont a besoin son association. « SEUIL », née en 2000, qui « s’efforce d’aider de jeunes délinquants à retrouver leur équilibre à l’issue d’une longue marche ». Le principe ? « Ils partent à deux, avec un accompagnant, pendant quatre mois dans un pays étranger dont ils ne connaissent pas la langue. Ils parcourent sac au dos deux mille cinq cents kilomètres par les chemins de randonnées ou les petites routes d’Europe, avec une seule obligation : ne pas emporter de musique enregistrée. Ils campent, font leurs courses et leur cuisine. Et marchent.*****</p>
<p>Le voyage, organisé en complète harmonie avec les parents, les juges et les éducateurs, peut être pour ces 16-18 ans une alternative à la prison ».</p>
<p>Bernard explique : « Il s’agit de les aider à passer de l’absolue non confiance en soi à un peu d’orgueil ». Pour ces exclus prématurés, qui pourraient figurer au casting d’un film de Ken Loach (voir par exemple « La part des anges »), il est question de retrouver l’espoir en oubliant tout ce que la société leur ressasse : « T’es qu’un nul ; tu ne réussiras jamais ». Objectif atteint : « J’étais un blaireau, je suis un héros » se flatte l’un d’entre eux à son retour. Même si cette « vantardise » ne durera qu’un temps, c’est mieux que la prison, non ?</p>
<p style="text-align: center;">
<h4><strong>Parole de retraité : « La vie, c’est devant. Pas derrière » (Bernard Ollivier)</strong></h4>
<p><strong> </strong></p>
<p>On passerait des heures à écouter Bernard Ollivier, mais le train Bernay-Paris n’attend pas.</p>
<p>Il nous parle de la « retraite ».</p>
<p>Lui, qui a failli en crever, milite maintenant pour qu’on en « inverse l’image » (en créant une école de préparation à la retraite ?). Il s’insurge : « Comment ? Alors qu’à aucun autre moment de notre vie, nous n’avons  disposé d’un tel confort – un retraité au chômage, ça n’existe pas ! –  d’un tel savoir, d’une telle expérience, et avec tout ça… d’un temps infini, on n’en ferait… rien ? ».  Alors, agir ?  Oui, et, mieux même, en s’efforçant « d’être utiles socialement ». Et de citer une bénévole active (pléonasme ?) : « Tous ceux qui ne donnent pas ne savent pas ce qu’ils perdent ».</p>
<p>Pour ses soixante-cinq ans, il s’est offert l’ascension du Mont-Blanc.</p>
<p>Pour ses soixante-dix, il a descendu la Loire en canoë, du mont Gerbier des Joncs jusqu’à Nantes.</p>
<p>Tout seul, sans jamais avoir fait de canoë, après un petit prologue à pied de cent cinquante kilomètres.</p>
<p>Sur le quai de la gare, Indiana Jones nous adresse un petit signe de la main, déjà en quête de nouveaux projets…</p>
<p>Nous avons le sentiment d’avoir laissé derrière nous un homme heureux. « Le bonheur, ça demande un effort », nous a-t-il confié au détour de la conversation.</p>
<p>Dans sa bouche, ces mots-là prennent une dimension toute particulière.</p>
<p>Celle d’un héros « normal » ?</p>
<p><strong>Dominique Paty.</strong></p>
<p>NOTES:</p>
<p>* Kangals: Redoutables chiens de berger et fierté des turcs, ces molosses, capables de courir à 70km/h, n’hésitent pas à attaquer un ours ou un loup pour protéger les troupeaux dont ils ont la garde. Malheureusement, ils sont aussi très agressifs vis-à-vis de tous les humains autres que leur berger. Michel Ollivier en a fait la cruelle expérience, qui a bien cru se faire déchirer par deux terrifiants spécimens, et n’a dû son salut… qu’au flash de son appareil photo (pour un cliché qui aurait pu être le dernier mais qui a eu un effet dissuasif inattendu sur ses deux agresseurs !).</p>
<p>** Titre de l’ouvrage qu’il publiera en 2008.</p>
<p>*** Bernard Ollivier a finalement publié le récit de son aventure en trois tomes parus sous le titre « Longue marche » : « Traverser l’Anatolie » publié en 2000, « Vers Samarkand » publié en 2001, et « Le vent des steppes » publié en 2003 (tous les trois aux Editions Phébus). Une version illustrée avec des aquarelles de François Dermaut est aussi disponible depuis 2005.</p>
<p>**** Recommandation de Bernard à ceux que la marche (et en particulier Compostelle) intéresse : Même si vous partez en groupe, efforcez-vous de marcher seul. Il n’y a que comme ça que vous pourrez faire des rencontres.</p>
<p>***** SEUIL, 35, rue  Jussieu à 75005 Paris (e-mail : assoseuil@wanadoo.fr, <a href="http://www.assoseuil.org">http://www.assoseuil.org</a></p>
<p><em> </em></p>
<p><em><img class="alignleft size-thumbnail wp-image-918" title="Dominique Paty" src="http://co-evolutionproject.org/wp-content/uploads/2013/01/Dominique-Paty-2-150x150.jpg" alt="" width="150" height="150" /></em></p>
<p><em>Dominique Paty, ancien responsable de formation au Crédit Mutuel, est chroniqueur sportif et pratiquant impénitent de hockey sur gazon. Il taquine discrètement la plume, cultive l’épicurisme et vient de faire ses premiers pas sur le Chemin de Compostelle. </em></p>
<p><em> </em></p>
<p><em>L’interview de Bernard Ollivier sera publiée dans le n° 4 de Commencements (sortie en janvier 2013). </em></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://co-evolutionproject.org/index.php/2013/01/la-route-de-la-soie-douze-mille-kilometres-a-pied-en-solitaire-distanbul-a-xian-a-plus-de-soixante-ans/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Parution fin janvier de Commencements 4</title>
		<link>http://co-evolutionproject.org/index.php/2013/01/commencements-4-voies-resilience/</link>
		<comments>http://co-evolutionproject.org/index.php/2013/01/commencements-4-voies-resilience/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 16 Jan 2013 14:50:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Thierry Groussin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles de la revue "Commencements"]]></category>
		<category><![CDATA[Commencements]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://co-evolutionproject.org/?p=902</guid>
		<description><![CDATA[Sommaire de Commencements 4 VOIES DE RESILIENCE Béatrice et Gérard Barras Loin des chemins tracés et des vérités établies Bénédicte Manier Un million de révolutions tranquilles Carole Peppe Hewitt De l’argent en circuit court Vanaja Ramprasad Semences d’avenir Florence Devouard L’open source, entre dogme, pragmatisme et humanisme Yves Marignac L’énergie désirable Bernard Ollivier Le chemin de la [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><a href="http://co-evolutionproject.org/wp-content/uploads/2013/01/commencements-4-voies-resilience1.jpg" rel="lightbox[902]"><img class="size-full wp-image-905 aligncenter" title="Commencements 4 : Voies de resilience" alt="Commencements 4 : Voies de resilience" src="http://co-evolutionproject.org/wp-content/uploads/2013/01/commencements-4-voies-resilience1.jpg" width="250" height="230" /></a></p>
<h3>Sommaire de Commencements 4</h3>
<p><em><strong>VOIES DE RESILIENCE</strong></em></p>
<ul>
<li>Béatrice et Gérard Barras<br />
<em>Loin des chemins tracés et des vérités établies</em></li>
<li>Bénédicte Manier<br />
<em>Un million de révolutions tranquilles</em></li>
<li>Carole Peppe Hewitt<br />
<em>De l’argent en circuit court</em></li>
<li>Vanaja Ramprasad<br />
<em>Semences d’avenir</em></li>
<li>Florence Devouard<br />
<em>L’open source, entre dogme, pragmatisme et humanisme</em></li>
<li>Yves Marignac<br />
<em>L’énergie désirable</em></li>
<li>Bernard Ollivier<br />
<em>Le chemin de la vie</em></li>
<li>Guibert del Marmol<br />
<em>L’énergie subtile de la métamorphose</em></li>
<li>Thérèse et Marc Evin, Sophie Huynen<br />
<em>La gourmandise des choses simples</em></li>
<li>Alastair Hulbert<br />
<em>Nourritures de l’âme</em></li>
</ul>
<p>Vous pouvez recevoir le numéro 4 de Commencements chez-vous en <a href="http://co-evolutionproject.org/index.php/boutique/adhesion/">adhérant à l&#8217;association</a> via notre boutique.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://co-evolutionproject.org/index.php/2013/01/commencements-4-voies-resilience/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Commencements 2 en libre accès en ligne</title>
		<link>http://co-evolutionproject.org/index.php/2012/10/899/</link>
		<comments>http://co-evolutionproject.org/index.php/2012/10/899/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 22 Oct 2012 12:21:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Thierry Groussin</dc:creator>
				<category><![CDATA[A la une]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://co-evolutionproject.org/?p=899</guid>
		<description><![CDATA[&#8220;Libérer la vie&#8221; Editorial Pourquoi le mode de vie de l’Occident ne convient-il plus à certains d’entre nous, de plus en plus nombreux ? Parce qu’il ne nous vante que la consommation ? Parce qu’il nous force à un rôle de composition, celui de la compétition permanente de chacun contre tous ? Parce que nous ne pouvons plus [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;">&#8220;Libérer la vie&#8221;</p>
<p><strong><em>Editorial</em></strong></p>
<p>Pourquoi le mode de vie de l’Occident ne convient-il plus à certains d’entre nous, de plus en plus nombreux ? Parce qu’il ne nous vante que la consommation ? Parce qu’il nous force à un rôle de composition, celui de la compétition permanente de chacun contre tous ? Parce que nous ne pouvons plus ignorer les dégâts profonds, écologiques, sociaux et humains qui en résultent ? Parce que, derrière les apparences de la facilité et de la richesse, nous sentons notre liberté menacée et, avec elle, la possibilité de notre véritable réalisation ?</p>
<p>Martin Paradis, le héros du dernier roman de notre ami Steve Moreau, se réveille d’un sommeil qui a duré trois jours &#8211; allusion à la Résurrection ? Dès lors, il ira de prises de conscience en désillusions. Ce qui l’amènera à devenir un homme lucide<a href="file:///C:/Users/Thierry/Desktop/Commencements%202/Commencements%202%20pour%20Marianne/Comm2%20Textes%20et%20photos/02.%20Deuxi%C3%A8me%20de%20couverture/Comm2%202%C3%A8me%20de%20couverture.docx#_ftn1">[1]</a>. Lucide, mais non pas désespéré. Tout au contraire : « La lucidité est la blessure la plus proche du soleil» <a href="file:///C:/Users/Thierry/Desktop/Commencements%202/Commencements%202%20pour%20Marianne/Comm2%20Textes%20et%20photos/02.%20Deuxi%C3%A8me%20de%20couverture/Comm2%202%C3%A8me%20de%20couverture.docx#_ftn2">[2]</a>. Martin, c’est chacun d’entre nous. Les constats qu’il fait, nous les avons faits ou nous les ferons. Un jour, ils deviennent insupportables et il est impossible de continuer à vivre comme si de rien n’était. Alors, on rejette la « comédie du bonheur » qu’évoque Andreu Solé. On décide de résister et, par exemple, de remettre de la lenteur dans sa vie, comme nous y invitent Sylvie Pouilly et CL Claridge. Voire, on devient un de ces free lifersqu’inventorie pour nous René Duringer.</p>
<p>En 2004, Deborah Frieze conduit sa première « expédition apprenante ». Entendez par là qu’elle emmène un groupe découvrir, au Zimbabwe et en Afrique du Sud, des communautés « qui osent vivre le futur dès maintenant ». Dans les six mois qui suivent le retour, sans faire de tapage, quatre des participants quitteront leur emploi. Ils ont décidé d’oser une réussite différente et de faire société autrement. Notre impuissance ne serait-elle qu’une illusion ? Pour Laure Waridel, fondatrice d’Equiterre au Canada, le simple choix de ce que nous mettons dans notre assiette révèle notre pouvoir. En écho, Antonin Léonard nous montre qu’avec la « consommation collaborative » nous pouvons tirer un meilleur parti des richesses déjà créées, préserver l’écosystème et remettre du lien dans nos vies. Marc Tirel, de son côté, redécouvre pour nous « l’école mutuelle », une très ancienne pédagogie indienne qui effraya notre XIXème siècle et qui nous parle finalement d’un avenir encore à oser. Et pour les entreprises ? Alors que la concurrence fait rage, est-ce une lubie dangereuse de s’engager dans la voie d’une économie soutenable ? Bien au contraire, nous dit Caroline Gervais, la représentante en France de l’ONG suédoise The Natural Step.</p>
<p>Qu’on vive sur une île et qu’on ait juré d’y être heureux &#8211; comme Jef, Rémi, Raymond, Mireille, Georges ou Gérard &#8211; ou qu’on ait fait l’expérience d’une « mise en abyme » à la recherche de soi &#8211; comme Isabelle, Jérôme, Marie-Josée, Cécile, Christine ou Armelle &#8211; reste finalement décisif ce qui se passe dans le creuset de notre âme. Disciple du psychologue et philosophe Paul Diel, le docteur Cyrille Cahen nous parle de ce qui constitue le désir essentiel de l’être humain. Le message de ce numéro 2 ? Cessons de forger nos propres fers. Comme l’écrivait François Mauriac : « Nous tissons notre destin, nous le tirons de nous comme l&#8217;araignée tisse sa toile&#8221;.</p>
<div id="_mcePaste"><em>&#8220;La seule chose qui puisse devenir fatale à l’homme, c’est de croire à la fatalité&#8221;</em></div>
<p>Martin Buber.</p>
<p><strong><em>Sommaire</em></strong></p>
<div id="_mcePaste">Andreu Solé</div>
<div id="_mcePaste"><em><strong>La comédie du bonheur</strong></em></div>
<div>René Duringer</div>
<div id="_mcePaste"><strong><em>« Free lifers »</em></strong></div>
<div>Deborah Frieze</div>
<div id="_mcePaste"><strong><em>L’avenir sans attendre</em></strong></div>
<div>Yeu</div>
<div id="_mcePaste"><strong><em>Grains de sel sur une île</em></strong></div>
<div>Laure Waridel</div>
<div id="_mcePaste"><strong><em>L’insoutenable illusion de notre impuissance</em></strong></div>
<div>Antonin Léonard</div>
<div id="_mcePaste"><strong><em>Les technologies et la société du partage</em></strong></div>
<div>Caroline Gervais</div>
<div id="_mcePaste"><strong><em>Entreprises : The Natural Step, un accélérateur de durabilité</em></strong></div>
<div>Marc Tirel</div>
<div id="_mcePaste"><strong><em>La puissance inquiétante de l’école mutuelle</em></strong></div>
<div>Sylvie Pouilly</div>
<div id="_mcePaste"><strong><em>Ralentir, c’est résister</em></strong></div>
<div>CL Claridge</div>
<div id="_mcePaste"><strong><em>Australie : http://www.slowmovement.com/</em></strong></div>
<div>« Demain, la vie »</div>
<div id="_mcePaste"><strong><em>A la recherche de soi : expérience d’une mise en abyme</em></strong></div>
<div>Dr Cyrille Cahen</div>
<div id="_mcePaste"><strong><em>Revenir au désir essentiel</em></strong></div>
<div>Accéder à <a href="http://co-evolutionproject.org/wp-content/uploads/2011/10/N2_Commencements-copie.pdf">Commencements 2</a></div>
<hr size="1" /><a href="file:///C:/Users/Thierry/Desktop/Commencements%202/Commencements%202%20pour%20Marianne/Comm2%20Textes%20et%20photos/02.%20Deuxi%C3%A8me%20de%20couverture/Comm2%202%C3%A8me%20de%20couverture.docx#_ftnref1">[1]</a> Un homme lucide, Steve Moreau, L’Harmattan, 2011.</p>
<p><a href="file:///C:/Users/Thierry/Desktop/Commencements%202/Commencements%202%20pour%20Marianne/Comm2%20Textes%20et%20photos/02.%20Deuxi%C3%A8me%20de%20couverture/Comm2%202%C3%A8me%20de%20couverture.docx#_ftnref2">[2]</a> René Char.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://co-evolutionproject.org/index.php/2012/10/899/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Commencements 3: Résiliences et énergies</title>
		<link>http://co-evolutionproject.org/index.php/2012/06/commencements-3-resiliences-et-energies/</link>
		<comments>http://co-evolutionproject.org/index.php/2012/06/commencements-3-resiliences-et-energies/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 22 Jun 2012 13:38:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Thierry Groussin</dc:creator>
				<category><![CDATA[A la une]]></category>
		<category><![CDATA[Articles de la revue "Commencements"]]></category>
		<category><![CDATA[Commencements]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://co-evolutionproject.org/?p=868</guid>
		<description><![CDATA[Commencements 3 est bientôt disponible. Poursuivant son exploration transdisciplinaire des signes d’un monde nouveau qui cherche à sourdre à travers les fissures de celui qui sombre sous nos yeux, Commencements 3 propose une excursion autour des concepts de résilience et d’énergie. Dans cette troisième livraison de Commencements, nous poursuivons notre exploration d’un monde possible qui [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3><a href="http://co-evolutionproject.org/wp-content/uploads/2012/06/commencements-n3.jpg" rel="lightbox[868]"><img class="alignleft size-full wp-image-877" title="Commencements 3" src="http://co-evolutionproject.org/wp-content/uploads/2012/06/commencements-n3.jpg" alt="Commencements 3" width="250" height="230" /></a><em>Commencements 3 est bientôt disponible.</em></h3>
<p>Poursuivant son exploration transdisciplinaire des signes d’un monde nouveau qui cherche à sourdre à travers les fissures de celui qui sombre sous nos yeux, Commencements 3 propose une excursion autour des concepts de résilience et d’énergie.</p>
<p><span id="more-868"></span></p>
<p>Dans cette troisième livraison de Commencements, nous poursuivons notre exploration d’un monde possible qui se laisse deviner à travers les fractures du monde actuel. Des fractures qui ne sont pas qu’économiques, financières ou écologiques mais qui sont aussi dans les âmes.<br />
Avec Yannick Roudaut, nous évoquons les fractures matérielles pour jeter les grandes lignes de la résilience à développer pour traverser les années de métamorphose qui nous attendent. Alain Gras, ensuite, projette la lumière de son analyse sur les arcanes de nos représentations et questionne l’évidence du progrès: construire une nouvelle compréhension du monde, c’est accepter de déconstruire l’ancienne. C’est également le propos de Claude et Lydia Bourguignon, non plus au sujet l’énergie mais s’agissant de ce sol nourricier qu’à vouloir rendre plus productif nous sommes en train d’assassiner.</p>
<p>La question du sol entraîne naturellement celle du territoire. Après l’ivresse de la mondialisation, Didier Christin nous rappelle que le territoire est l’espace du vivant mais qu’il ne suffit pas de l’occuper: encore faut-il que ceux qui l’habitent en soient parties prenantes et ne l’abandonnent pas aux mécanismes égoïstes du marché et aux décisions de la puissance publique. Territoire aussi, et combien singulier, que la ville dont Bruno Morléo évoque ensuite les paradoxes et les ressorts face aux catastrophes: la résilience de la cité se fonde avant tout sur le «vouloir y vivre» de ses habitants.</p>
<p>Du palpable que sont le sol et la ville, nous passons avec Michel Bauwens dans la sphère virtuelle. L’Internet, sous surveillance des Etats et du monde industriel, a-t-il la capacité de rester un espace de liberté, de réseaux spontanés, de productions utopiques ? De quelle manière peut-il nous aider à cultiver non seulement notre propre résilience mais notre contribution à un monde meilleur ?</p>
<p>Questions que Philippe Derruder s’est un jour posées à propos de la monnaie. En cette ère d’unification liberticide, n’est-il pas non seulement légitime mais indispensable, pour soutenir nos territoires et engendrer une société plus humaine, de susciter à côté des devises internationales des monnaies locales complémentaires ?</p>
<p>Dans la succession de ces éclairages, on devine une ombre commune: la violence. La violence faite à la Terre, aux sols, aux sociétés humaines, à la liberté de choisir sa vie et le monde dans lequel la vivre. La violence, une évidence telle qu’on oublie de la questionner mais aussi la tentation dangereuse de notre désir d’efficacité. Héritier spirituel de Gandhi, Rajagopal évoque pour nous son expérience de l’Ahimsa et de sa puissance.<br />
Produire un autre monde &#8211; un monde vraiment autre &#8211; requiert d’aller voir dans les sous-sol de nos comportements ce qui y engendre des répétitions aussi compulsives que frustrantes: mécanismes issus de nos atavismes biologiques, addictions cultivées ou solutions à de réels problèmes qui ne sont simplement plus adaptées. C’est la réflexion à laquelle, pour conclure ce numéro 3, nous invite Meyer Ifrah.</p>
<h3>Sommaire de Commencements 3</h3>
<p><em><strong>POURQUOI PARLER DE RESILIENCE ?</strong></em></p>
<ul>
<li>Thierry Groussin<br />
<em>De la résilience comme une aventure</em></li>
<li>Yannick Roudaut<br />
<em>La résilience ou la multiplication des initiatives</em></li>
</ul>
<p><em><strong>VOIX DE RESILIENCE</strong></em></p>
<ul>
<li>Alain Gras<br />
<em>Le rêve, la puissance et le doute</em></li>
<li>Claude et Lydia Bourguignon<br />
<em>Le sol, la Terre et la vie</em></li>
<li>Didier Christin<br />
<em>Territoire: le parti du vivant</em></li>
<li>Bruno Morleo<br />
<em>La résilience urbaine: une culture du risque ?</em></li>
<li>Michel Bauwens<br />
<em>Résilience d’Internet, Internet de résilience</em></li>
<li>Philippe Derruder<br />
<em>Monnaies locales: du je au nous</em></li>
<li>Rajagopal PV<br />
<em>Entre la violence et le silence</em></li>
<li>Meyer Ifrah<br />
<em>Les deux ailes du changement</em></li>
</ul>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://co-evolutionproject.org/index.php/2012/06/commencements-3-resiliences-et-energies/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
	</channel>
</rss>
